L'Echo du Silence

Lorsque la parole ne peut s'exprimer par la bouche, elle s'en va hurler au fond de l'âme …

3 août 2006
Zanatany
Commentaires fermés

L’évolution des paradigmes sociaux :

Mon désir est de pouvoir discuter en toute liberté avec mes semblables et d’échanger sur n’importe quel sujet qui les préoccupe …

Originaire de Madagascar, cela fait vingt ans que je vis en Suisse et je trouve que ce pays a bien changé… Ce qui est étonnant c’est qu’en fait, la Suisse s’est assez adaptée au reste du monde ! Son économie fossile de l’après-guerre a mal supporté la dynamique européenne. On échappe pas à la globalisation…

Le système, dans les années 70 était basé sur la paix sociale et l’échelle des salaires était réduite de l’ordre de un à quatre ce qui permettait l’éclosion d’une forte classe moyenne. C’était le garant d’une consommation et d’un revenu des impôts confortable pour l’État. On était encore à l’époque où les économistes croyaient aux vertus du Keynésianisme. A cette période, on se disait qu’il fallait travailler avec l’argent des autres et que les fonds propres étaient trop chers pour servir à l’investissement, la dette était un effet de levier de la croissance et on encourageait les collectivités territoriales à l’endettement. Puis vint la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc communiste et avec la désillusion des doctrines socialistes radicales. La mode est venu au monétarisme. Ce terme est apparu à la fin des années 1960 pour qualifier un courant de pensée économique pour lequel l’action de l’État en matière monétaire est inutile voire nuisible. Le chef de file de ce courant, Milton Friedman, a cherché à réhabiliter la théorie quantitative de la monnaie contre le paradigme dominant de l’époque, le keynésianisme. Cela a été le triomphe du capitalisme sauvage et les sociaux-démocrates de l’époque, les socialistes actuels, ont du réviser leur doctrine pour surfer sur la vague verte montante pour la phagocyter et la transformer en rose vert…

Ainsi les paradigmes ont évolués et l’échelle des salaires s’est distordue pour atteindre des écarts faramineux. En matière d’économie, il n’y a pas de miracle, les classes moyennes sont en train de fondre comme la neige au soleil et le système fiscal basé sur la dominance de cette classe sociale a provoqué une chute des revenus de l’État. Le résultat est que les pauvres sont trop pauvres pour être tondus, la classe moyenne est en voie de disparition et les riches ont les moyens de négocier et de s’arranger pour moins payer proportionnellement. C’est ainsi que le piège se referme sur cette doctrine du monétarisme en moins de 10 ans…

L’équation est posée et, avec l’ouverture des frontières on est pas près de voir une solution. Il faut peut-être se demander si le capitalisme triomphant est vraiment la solution ? Je vois déjà venir pointer son nez le fameux développement durable et l’équité des échanges… Revient-on sur la pointe des pieds vers un keynésianisme à visage humain et écologique de surcroît ? la question est intéressante, non ?

Qu’en pensez-vous ?…

Continue reading